NEW YORK / RankWire.AI / – Un récent rapport des Nations Unies indique que les efforts déployés à l'échelle mondiale pour éliminer la violence à l'égard des enfants ne permettront pas d'atteindre les objectifs fixés pour 2030. Cette évaluation passe en revue deux décennies d'évolution depuis l'étude pionnière des Nations Unies sur la violence contre les enfants. Elle met en lumière les menaces persistantes telles que les conflits, les déplacements forcés, les aléas climatiques et la cyberviolence, qui continuent de mettre en danger la vie de millions d'enfants. Najat Maalla M'jid, Représentante spéciale des Nations Unies chargée de la question de la violence contre les enfants, a préparé ce dernier rapport pour la 81e Assemblée générale des Nations Unies.

D’après le rapport, près de 19 % des enfants dans le monde vivent aujourd’hui dans des zones de conflit, une augmentation considérable par rapport aux 10 % environ enregistrés dans les années 1990. Fin 2024, les conflits et les violences avaient déplacé 48,8 millions d’enfants, soit près de trois fois plus qu’en 2010. Ce groupe comprend les enfants réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Ces statistiques soulignent les bouleversements généralisés auxquels sont confrontés les enfants vivant en temps de guerre et d’insécurité.
Les risques liés au changement climatique constituent un enjeu majeur pour la protection des enfants dans le monde. Environ 1,1 milliard d'enfants sont exposés à au moins trois aléas climatiques concomitants. Presque chaque enfant est confronté à au moins une menace climatique, et plus de 4 millions d'entre eux subissent six aléas simultanés, selon l'UNICEF . Ces dangers comprennent la sécheresse, les vagues de chaleur extrêmes, les inondations, les feux de forêt, les tempêtes tropicales et les tempêtes de sable et de poussière. Ces chocs climatiques peuvent également perturber l'éducation, les soins de santé, le logement et l'accès aux services essentiels.
Les environnements numériques accroissent les risques pour les jeunes
Le monde numérique présente des défis supplémentaires en matière de sécurité pour les enfants du monde entier. Environ un internaute sur trois a moins de 18 ans. Selon cette évaluation, plus de 300 millions d'enfants sont victimes d'exploitation et d'abus sexuels en ligne chaque année. L'année dernière, au moins 1,2 million d'enfants ont vu leurs images manipulées et transformées en deepfakes à caractère sexuel explicite. Parmi les autres dangers numériques figurent le cyberharcèlement, l'usurpation d'identité, la traite des êtres humains, les contenus préjudiciables et le recrutement à des fins criminelles.
Une enquête menée en 2025 par le bureau de M'jid a recueilli les réponses de plus de 30 000 enfants dans toutes les régions. Soixante-six pour cent d'entre eux estimaient que le cyberharcèlement avait augmenté. De plus, la moitié des participants ne savaient pas où signaler les abus ni où trouver de l'aide. Le rapport met l'accent sur des problèmes tels que les discours haineux, les atteintes à la vie privée et la diffusion de contenus numériques manipulés. L'essor de l'intelligence artificielle a engendré de nouvelles formes d'abus, notamment par le biais des deepfakes et des contenus automatisés, ce qui accentue la pression sur les mécanismes de protection de l'enfance existants.
Le rapport souligne la nécessité de renforcer les mesures de prévention et de responsabilisation.
L'évaluation préconise des stratégies nationales globales axées sur la prévention, la protection, la participation et la responsabilisation. Elle recommande la mise en œuvre d'une législation plus stricte contre les violences faites aux enfants et l'amélioration des systèmes de collecte de données fiables. Le rapport appelle également à un investissement accru dans les services de protection de l'enfance et au développement de canaux de signalement accessibles. Les protocoles de sécurité numérique devraient inclure des contrôles et des garanties renforcés en matière de protection de la vie privée sur les plateformes en ligne et les systèmes d'intelligence artificielle. Par ailleurs, l'évaluation soutient l'idée de donner aux enfants les moyens de participer pleinement aux décisions qui influent sur leur sécurité et leur bien-être général.
Ces conclusions interviennent alors que les gouvernements disposent d'un délai limité pour atteindre l'objectif de 2030 visant à mettre fin à la violence contre les enfants. Depuis juillet 2019, Mme M'jid occupe le poste de Représentante spéciale des Nations Unies chargée de la question de la violence contre les enfants. À ce titre, elle a effectué 65 visites de pays et s'est entretenue avec de hauts responsables des administrations nationales et locales. Le rapport estime également que le coût annuel mondial de la perte de capital humain liée aux problèmes de santé mentale chez les enfants s'élève à 393 milliards de dollars. En conclusion, l'évaluation souligne l'insuffisance des efforts actuels pour atteindre l'objectif mondial.
L’article « L’ONU constate que les progrès accomplis pour mettre fin à la violence contre les enfants restent insuffisants pour atteindre l’objectif de 2030 » est initialement paru sur Khaleej Beacon : Un signal plus clair à travers le Golfe.
